Actualités

23/03/2017

Enertek refroidit les labos de recherche de l'école d'ingénieur ENSMA sur la Technopole du Futurocope

<h1>ensma</h1><p></p>

Les labos de recherche de l'ENSMA sont équipés de multiples fours et machines test à des fins de travaux de recherche, en particulier sur la résistance des matériaux.

Ces expérimentations sont réalisées pour de la recherche fondamentale ou de la recherche et développement pour le compte de clients industriels. Depuis son implantation sur la technopole du Futuroscope en 1993, le refroidissement de ces machines étaient assuré en eau perdue. 

Nous avons conçu et réalisé une centrale de production frigorifique, associée à un circuit de refroidissement bouclé, qui dessert ainsi l'ensemble des laboratoires. 

Dans un objectif de fiabilisation maximale, nous avons assuré une conception hydraulique issue de notre savoir-faire dans l'industrie, garantissant la température de refroidissement la plus stable possible : certains matériels de recherche ne supportant pas une fluctuation du refroidissement supérieur à 0,1°C.   L'ensemble bien évidement réalisé sous maquette numérique 3D. 

 

Un remerciement à notre partenaire architecte, Gérard Humeau, pour son travail d'intégration architecturale de cette "verrue technique" dans un site tertiaire.

Diaporama

<h1>Cam2 Refroidissement ENSMA02</h1><p></p>
<h1>Cam3 ENSMA AERIEN</h1><p></p>
<h1>3D</h1><p></p>
<h1>Refroidissement ENSMA</h1><p></p>

07/10/2016

L'Anah lance deux nouvelles aides pour les copropriétés

<h1>immeuble-collectif-du-parc-evry</h1><p></p>

Le conseil d’administration de l’Anah a voté en faveur de deux nouvelles aides pour les copropriétés fragiles ou en difficulté. La première, d’un montant maximum de 3 930 euros, étend aux copropriétés le programme « Habiter mieux ». La deuxième, d’un montant maximum de 21 000 euros, financera le « portage ciblé ». Les aides seront disponibles à compter de janvier 2017.

Quelque 30 000 logements situés dans des copropriétés fragiles ou en difficulté vont pouvoir bénéficier dès l’an prochain de subventions publiques versées par l’Agence nationale de l’habitat (Anah) pour réaliser des travaux de rénovation énergétique.

En effet, le Conseil d’administration de l’Anah, réuni le 5 octobre dernier, a voté à l’unanimité deux nouvelles aides qui feront l’objet d’un décret au premier trimestre 2017.

« Habiter Mieux Copropriétés fragiles »

La première aide étend aux copropriétés fragiles le programme « Habiter Mieux » comme l’avait annoncé le 1er juillet, Emmanuelle Cosse, ministre du Logement et de l’Habitat durable. Pour rappel, le programme « Habiter Mieux copropriétés fragiles » est l’un des 12 lauréats de l’appel à projet lancé par Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, pour lutter contre la précarité énergétique dans le cadre du dispositif des certificats d’économie d’énergie.

Il est la première aide collective proposée par l’Anah aux syndicats de copropriétaires pour l’ensemble des occupants d’une copropriété. Le programme comprend une prise en charge pour financer une assistance à maitrise d’ouvrage (AMO) et une aide financière pour des travaux de rénovation énergétique « permettant un gain énergétique de 35% ».

L’aide, d’un montant maximum de 3 930 euros, sera accompagnée d’une prime forfaitaire qui viendra compléter l’offre et dont le montant sera précisé par décret en 2017. Pour 2017, l’Anah vise la rénovation énergétique de 100 000 logements dont 30 000 situés en copropriétés fragiles.

Financer le « portage ciblé »

La deuxième aide, d’un montant maximum de 21 000 euros par logement sur 6 ans, consiste en la création d’un financement pour accompagner le portage ciblé dans les copropriétés en difficultés. Cette technique permet de faciliter le traitement de la dette de la copropriété en offrant un soutien aux propriétaires les plus endettés, « le plus souvent par le rachat de leur bien », explique l’Anah.

Un opérateur, le plus souvent un organisme HLM, rachète le logement le temps d’y réaliser les travaux nécessaires et de redresser les comptes de la copropriété avant de le revendre à prix maitrisés. Les ménages dont le logement a été acquis sont accompagnés pour être relogé.

« Le portage ciblé permet également d’accompagner des actions coercitives, comme le rachat de logements sous arrêté d'insalubrité par exemple, ou de prévenir les risques d'acquisition de lots d'habitation par des propriétaires indélicats », précise l’agence.

Mais à l’heure actuelle, « trop peu d’opérateurs s'engagent dans ce type d’opération car les financements prévus ne couvrent pas l'ensemble des dépenses du portage et engendrent des risques, a fortiori lorsque le redressement de la copropriété est complexe », poursuit-elle.

Grâce à ce nouveau financement l'Anah espère changer la donne. Disponible à partir de janvier 2017, cette aide permettra de couvrir « la maîtrise d’ouvrage et la conduite de projets, l’accompagnement social et le relogement, les frais de gestion », conclut l’Anah

30/08/2016

Le CROUS de Poitiers lance la réhabilitation de la cité universitaire Rabelais

<h1>rabelais existant</h1><p></p>

La cité universitaire Rabelais est située sur le campus de l'université de Poitiers. Construite en 1967, elle dispose de 371 logements.

Le projet de réhabilitation prévoit une augmentation du nombre de logements, un réhabilitation du bâti pour répondre aux attentes des étudiants en matière de confort, d'usage et de performance thermique.

Avec nos partenaires architectes Groupe Loisier (Bordeaux) et Arcature (La Rochelle), nous avons été retenu pour assurer la maitrise d’œuvre de ce projet.

Le CROUS a souhaité pour cette opération qu'il soit mis en œuvre un processus numérique BIM, porté par la maitrise d’œuvre.

ENERTEK assure, en complément de ses mission fluides, la mission de BIM Manager tout au long du projet.

Première étape : la création de la maquette numérique de l'existant : notre équipe réalise en ce moment les relevés in-situe et leur numérisation.

Etapes suivante : lancements des phases de conception. Chaque membre de notre équipe de maitrise d’œuvre travaillera sur une copie de la maquette. Notre rôle de BIM manager sera alors de réaliser la synthèse dans une maquette globale, et ce jusqu'à la livraison du chantier.

05/08/2016

ENERTEK assure la synthèse technique de la cité judiciaire de Poitiers

<h1>i26972_Vue_aerienne_de_la_future_Cite_judiciaire</h1><p></p>

Début 2019, la Cité judiciaire de Poitiers, sur le site de l’ancien lycée des Feuillants, sera mise en service et 5 entités judiciaires y seront rassemblées. 

Le scenario architectural original a été conçu dans le respect du bâti existant et dans la résolution d’offrir un lieu à la hauteur des missions de la Justice du 21e siècle. Confié au cabinet d’architecture Agence Brossy et Associés, ce projet tire parti de la topographie du site et de l’allure solennelle des façades du 19e siècle.

La réhabilitation des volumes existants se doublera à l’ouest par la construction d’un bâtiment ex-nihilo à partir du mois de juin 2016. Les travaux s’échelonneront sur 2 ans et demi.

En chiffres :

  • Budget de l'opération : 53 millions d’euros  

  • 14 000 m² de surface de planchers.

  • 298 magistrats et fonctionnaires.

SOGEA ATLANTIQUE, en charge de la réalisation du projet, nous a confié la mission de synthèse technique.

Diaporama

<h1>i26973_Vue_de_la_terrasse_de_la_future_Cite_judiciaire</h1><p></p>
<h1>i26974_Vue_du_jardin_de_la_future_Cite_judiciaire</h1><p></p>

10/11/2015

Electricité : les Tarifs Jaune et Vert disparaissent le 31 décembre 2015

En application de la loi Nome du 7 décembre 2010, à compter du 1erjanvier 2016, les clients professionnels dont la puissance souscrite est supérieure à 36 kVA devront avoir quitté les tarifs réglementés ? dont l’existence se termine le 31 décembre ? et choisi une “offre de marché”.

Si vous êtes l’un de ceux-là et que vous n’avez encore rien fait, il vous reste moins de deux mois pour trouver l’offre de marché, c’est-à-dire le contrat dérégulé, qui vous convient.

100 000 clients professionnels ont basculé

 

Selon la CRE (Commission de Régulation de l’Energie), 450 000 clients sont concernés en France et un peu plus de 100 000 ont déjà choisi une offre de marché. Ce qui signifie tout de même qu’il en reste près de 350 000 qui doivent encore basculer avant le 1erjanvier.

Que se passera-t-il si vous traînez les pieds ? Si vous n’avez pas choisi une offre de marché au 1er janvier 2016, vous basculerez de manière automatique sur une “offre transitoire” chez votre fournisseur actuel, d’une durée de 6 mois.

Pendant cette période, vous aurez la possibilité de changer d’offre et/ou de fournisseur, sans frais, ni préavis de résiliation. A l’issue de ces 6 mois, vous devrez avoir souscrit une autre offre de marché avec le fournisseur de votre choix.

Quantité de profits de contrat sont disponibles : prix garanti durant la durée du contrat, % d’électricité d’origine renouvelable, pénalité ou non pour dépassement de puissance souscrite… Divers services sont proposés. Il devient possible, par exemple, d’avoir un seul contrat pour plusieurs sites, d’accéder à un suivi en ligne des consommations et des appels de puissance heure par heure, etc.

Que vous soyez acheteur privé ou public, ENERTEK vous acompagne dans la mise en oeuvre de ces achats.

Et parce que le kWh le moins chère restera toujours celui qui n'est pas conmmé, ENERTEK vos accompagne avant tout dans l'amélioration de la performance énergéituqe de vote site.

03/11/2015

Vers le BEPOS et les bâtiments à haute performance environnementale (source XPair)

La future réglementation pour le neuf dite BEPOS (Bâtiment à Energie Positive) dépassera de loin le simple cadre thermique et énergétique. C’est à juste titre que toute la dimension environnementale sera intégrée avec toute sa complexité. C’est un changement majeur dans le mode de conception qui attend tous les acteurs du bâtiment.

dimension environnementale

Aujourd’hui le « BBC », demain le « BEPOS »
Les réglementations thermiques successives ont permis de réduire de façon significative la consommation énergétique des bâtiments neufs. La réglementation thermique actuelle RT2012, a généralisé la construction de Bâtiments Basse Consommation depuis le 1er Janvier 2013 en France, avec une exigence de consommation maximale à ne pas dépasser de 50 kWh d’énergie primaire /m²/an en moyenne sur les cinq usages réglementés : le chauffage, la climatisation, l’eau chaude sanitaire, l’éclairage et les auxiliaires. La prochaine réglementation thermique devrait aller encore plus loin en matière de performance énergétique, en généralisant la construction des Bâtiments à Energie POsitive (BEPOS).

L’ACV, un nouvel enjeu de taille pour les bâtiments neufs
Désormais, la performance énergétique des bâtiments neufs n’est plus l’unique enjeu à traiter. En effet, les bâtiments neufs présentent des consommations énergétiques sur les usages réglementés à peu près comparables, en moyenne, à l’énergie consommée pour les usages non réglementés dits « mobiliers » (électroménagers, hi-fi, etc …) et à l’énergie « grise » c'est-à-dire consommées pour la construction, l’entretien/maintenance et la déconstruction des bâtiments.
Par ailleurs, avec la réduction significative des consommations énergétiques induite par les réglementations successives, d’autres indicateurs de performance environnementale prennent désormais un poids relatif de plus en plus prégnant à l’échelle d’un bâtiment neuf : la consommation d’eau, la production de déchets, les émissions de gaz à effet de serre, etc … .

Les prochaines étapes réglementaires dans le neuf : le BEPOS et l’ACV
La question d’un élargissement du périmètre couvert par la réglementation thermique à l’ensemble du cycle de vie et sur plusieurs indicateurs d’impact se pose désormais légitimement. L’approche multi-critères dite « en Analyse de Cycle de Vie (ACV) », vise à mieux évaluer la performance globale d’un bâtiment afin d’orienter les choix constructifs et minimiser l’impact environnemental des constructions. Les pouvoirs publics français réfléchissent actuellement sur une définition de Bâtiment à Energie Positive d’une part et sur l’introduction progressive de la démarche ACV d’autre part, dans les dispositifs para réglementaires et réglementaires.

Que pourraient intégrer les textes réglementaires sur les futurs bâtiments neufs et quelles sont les échéances clés ? Qu’entend-on par bâtiment à haute performance énergétique et environnementale et comment s’inscrivent le BEPOS et l’approche ACV dans la réflexion ? Plus largement, quels enjeux se dessinent autour de la future réglementation ? Le présent article se propose d’apporter des éléments d’éclairage sur ces différents sujets.

1 - Un contexte réglementaire favorable à une généralisation des bâtiments à haute performance énergétique et environnementale

Plusieurs textes posent le cadre réglementaire régissant les prochaines échéances clés autour des futures constructions neuves. Ils structurent le calendrier des pouvoirs publics sur l’élaboration de la prochaine réglementation. En synthèse, voici quelques points clés à retenir :
? La directive sur la Performance Energétique des Bâtiments datant de 2010 : elle donne une définition générique des « bâtiments dont la consommation d’énergie est quasi nulle » (nearly-Zero Energy Building ou « nZEB ») et impose leur généralisation à toutes les constructions neuves à l’horizon 2020 (fin 2018 pour les bâtiments publics). - En France, il faut rapprocher le « nZEB » du BEPOS, dont le concept a été pour la première fois introduit par la loi Grenelle 1 en 2009. Cette dernière mentionne également un objectif de généralisation des bâtiments à énergie positive à l’horizon 2020.

? La Loi relative à la Transition Énergétique pour la Croissance Verte (LTECV) de 2015 : elle confirme l’orientation des pouvoirs publics vers une réglementation environnementale des bâtiments
- Elle impose de définir les bâtiments à haute performance environnementale et les Bâtiments à Energie POsitive via un décret en conseil d’état ;
- Elle impose aux bâtiments publics d’être exemplaires en matière de performance énergétique et environnementale (« exemplarité énergétique et environnementale ») ;
- Elle autorise un bonus de gabarit (ex-bonus de COS) pour les constructions faisant preuve d’exemplarité énergétique ou environnementale ou qui sont à énergie positive ;
- Elle avance à 2018 la prise en compte des émissions de gaz à effet de serre dans la détermination de la performance énergétique des bâtiments, en élargissant le périmètre à l’ensemble de leur cycle de vie.

Pour rappel, la loi Grenelle II datant de 2010 évoquait déjà une prise en compte des émissions de gaz à effet de serre dans la détermination de la performance énergétique des bâtiments neufs à horizon 2020, avec une méthode adaptée. La Loi de Transition Energétique pour la Croissante Verte vient compléter le Grenelle II en avançant l’échéance à 2018 et en élargissant le périmètre à l’ensemble du cycle de vie. La loi Grenelle II évoquait également la nécessité de déterminer la performance énergétique des bâtiments neufs sur plusieurs indicateurs : l’énergie, les émissions de gaz à effet de serre, l’eau, les déchets et ce, pour leur édification, leur entretien, leur réhabilitation et leur démolition. Cette orientation en faveur d’une approche ACV est ainsi réaffirmée dans La Loi de Transition Energétique pour la Croissance Verte.

En synthèse
? A court terme : textes réglementaires définissant le BEPOS et les bâtiments à haute performance environnementale.
? A moyen terme : réglementation sur le BEPOS et sur les émissions de GES, calculées sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment.
? A plus long terme : évaluation multi-critères (énergie, gaz à effet de serre, eau, déchets, etc …) des performances des bâtiments sur leur cycle de vie

2 - Les enjeux autour du BEPOS et de la haute performance énergétique en Résidentiel

Les textes européens et français évoquent une généralisation du BEPOS à horizon 2020 et donnent chacun une définition générique permettant de « cadrer » les grandes orientations possibles. L’enjeu des prochains mois sera de définir plus précisément ce qu’est un bâtiment « BEPOS » pour une application dans un cadre réglementaire. Le présent paragraphe propose de faire le point sur les questions clés autour de l’élaboration de cette définition.

2.1 - Le BEPOS doit-il avoir des besoins et consommations réglementaires plus faibles que le niveau « RT2012 » actuel ?
Les bâtiments neufs présentent des consommations énergétiques sur les usages réglementés équivalentes (voire inférieures) à l’énergie consommée par les usages « mobiliers » et à l’énergie « grise ». Les gisements d’économies d’énergie exploitables à coût modéré semblent donc être de plus en plus limités sur les usages réglementés.
A contrario, le renforcement des exigences sur le bâti et sur les équipements peut permettre de continuer à stimuler l’innovation industrielle. La RT2012 en est un exemple : le renforcement des consommations énergétiques a contribué à accroître fortement la part de marché des solutions ENR dans les constructions neuves (PAC, bois, …) alors qu’elles étaient quasiment inexistantes dans la précédente RT. Le renforcement des exigences de performance énergétique est par ailleurs la première étape logique vers la construction de Bâtiments à Energie POsitive : réduire les consommations avant de les compenser par des ENR produites localement. Atteindre ces objectifs passe donc certainement par un renforcement modéré et équilibré des exigences réglementaires par rapport au niveau actuel, en tenant compte de la typologie des bâtiments, afin de donner un signal positif à la filière industrielle (poursuivre l’innovation) tout en limitant le surcoût du kWh économisé.

2.2 - Le BEPOS doit-il inclure les usages mobiliers dans son périmètre ?
Les usages spécifiques (électroménagers, hi-fi, etc …) représentent une part croissante des consommations énergétiques totales des bâtiments. Dans les bâtiments neufs, on estime qu’ils dépassent désormais les usages réglementés avec une consommation évaluée à 70 kWh d’énergie primaire /m²/an en première approche en résidentiel (valeur référence prise dans le label BEPOS Effinergie). Les usages spécifiques ont fortement augmenté ces dernières années. Il existe pourtant des règlements visant à réduire produit par produit la consommation des usages spécifiques (ecodesign) mais ils ne traitent pas la consommation agrégée à l’échelle du logement qui, elle, continue de croître avec la multiplication du nombre d’appareils électroniques dans les logements. Il apparaît donc nécessaire d’engager des réflexions sur leur intégration dans la réglementation thermique afin que les efforts consentis par la filière sur les postes réglementés (chauffage, eau chaude sanitaire notamment) ne soient pas amoindris par l’accroissement des consommations des usages spécifiques.
La question reste néanmoins complexe car les usages spécifiques ne sont, pour la plupart, pas vérifiables (opposables) au moment de la réception d’un bâtiment. Quelques pistes de réflexion sont néanmoins lancées afin de commencer à traiter les usages spécifiques dans la réglementation thermique :

  • Les inclure de façon forfaitaire dans le calcul réglementaire (valeur conventionnelle). C’est le parti pris retenu par Effinergie dans son label pilote BEPOS Effinergie.
  • Recourir à une production minimale locale d’EnR, avec une exigence d’auto consommation, qui permet de traiter indirectement les usages spécifiques en les compensant pour partie par de la production décentralisée d’EnR.

2.3 - Comment être BEPOS en limitant les impacts (réseau, coûts, etc …) ?
Un bâtiment à énergie positive est un bâtiment dont les consommations sont couvertes par de la production EnR locale. La directive sur la Performance Energétique des Bâtiments parle notamment de « quantité quasi nulle ou très basse d’énergie requise […] couverte dans une très large mesure par de l’énergie produite à partir de sources renouvelables […] sur place ou à proximité ».
La compensation totale des consommations énergétiques par de la production EnR nécessite de recourir massivement à du PV (photovoltaïque), ce qui présente plusieurs inconvénients : surcoûts de construction, impacts liés à l’injection d’électricité sur le réseau au moment où la demande est potentiellement faible, contraintes urbaines (peu d’espace disponible pour installer des panneaux PV en zones urbaines), etc ...
Pour être viable et généralisable dans un cadre réglementaire, la future définition BEPOS devra donc concilier deux objectifs : limiter le recours massif et exclusif au PV tout en conservant un objectif d’accroissement de l’autonomie énergétique des bâtiments, via le recours à une production minimale locale d’EnR. Cela, afin de conserver la philosophie initiale poursuivie par le Grenelle lorsqu’a été défini le concept de BEPOS (aller vers un objectif d’autonomie énergétique), philosophie qui fait toujours sens dans le contexte économique et social actuel.
Pour cela, plusieurs pistes de réflexion sont aujourd’hui évoquées, parmi lesquelles :

  • Proposer une définition du BEPOS, qui ne chercherait pas à compenser la totalité des consommations d’énergie mais une partie seulement, afin de limiter le recours au PV, tout en conservant une production EnR locale minimale et être ainsi généralisable dans un cadre réglementaire ;
  • Favoriser l’auto-consommation et le recours aux systèmes permettant de produire de l’électricité au moment où la demande est forte, afin de limiter les injections sur le réseau électrique. Les cogénérations et piles à combustibles qui produisent simultanément électricité et chaleur avec une efficacité élevée, sont une réponse possible pour répondre au BEPOS ;
  • Favoriser le stockage d’électricité d’origine EnR et en particulier les solutions permettant de ne pas dégrader l’électricité en chaleur (batteries par exemple), afin de conserver la multiplicité des usages ne pouvant être assuré que par l’électricité (usages mobiliers notamment) ;
  • Introduire des modulations (géographique, urbaine, …) visant à réduire l’exigence de production EnR, dans les localisations où le réseau électrique est le plus tendu ou lorsque la surface disponible en toiture est limitée (immeubles de grande hauteur par exemple).

3 - L’Analyse de Cycle de Vie : une approche multi-critères sur le cycle de vie d’un bâtiment

La baisse des consommations énergétiques des usages réglementés dans les bâtiments neufs met en exergue deux phénomènes nouveaux :

  • L’énergie grise, utilisée pour fabriquer, entretenir et déconstruire les bâtiments, prend une part relative de plus en plus importante à l’échelle du bâtiment neuf. Pour évaluer la performance environnementale, une approche au périmètre du cycle de vie se révèle donc nécessaire ;
  • La consommation énergétique primaire n’est plus le seul indicateur clé pour qualifier la performance d’un bâtiment neuf. D’autres indicateurs environnementaux (eau, déchets, GES, acidification, formation d’ozone, etc …) se révèlent également impactant. Une approche multi-critères est donc nécessaire pour évaluer la performance environnementale globale d’un bâtiment et éviter les transferts de pollution entre indicateurs (par exemple, une exigence forte sur les émissions de gaz à effet de serre peut avoir des impacts potentiellement négatifs sur la consommation d’eau, la production de déchets, etc …).

C’est la raison pour laquelle les pouvoirs publics français travaillent actuellement à l’introduction progressive de l’approche Analyse de Cycle de Vie dans la réglementation des bâtiments neufs, afin de mieux évaluer la performance environnementale globale des bâtiments.

3.1 - L’analyse de cycle de vie d’un bâtiment : en bref, comment cela marche ?
Principe
L’ACV des bâtiments consiste à évaluer les impacts environnementaux d’un bâtiment sur l’ensemble de son cycle de vie.

analyse de cycle de vie d’un bâtiment

En pratique, cela consiste à mettre en correspondance, pour chaque composant d’un bâtiment (produits de construction, équipements, consommation et production d’énergie, chantier, etc … ) nommé « contributeur », des données relatives au projet étudié et des données environnementales.
L’ACV est une méthode normalisée par la famille des normes ISO 14 040. Cette dernière définit notamment 4 étapes de l’ACV.

analyse de cycle de vie d’un bâtiment

Source : norme 14 040

Etape 1 : l’objectif de l’ACV est défini (évaluation interne, aide à la décision, comparaison commerciale, ...), ainsi que le périmètre géographique et temporel et les indicateurs environnementaux. Cette étape est cruciale, car elle détermine la précision qui devra être recherchée sur l’inventaire comme sur la réalisation de l’ACV, ainsi que les étapes du cycle de vie évaluées.

Etape 2 : l’inventaire des flux entrants et sortants est systématiquement réalisé à chaque étape (fabrication, construction, fin de vie …). Un flux peut être un composant de bâtiment, mais aussi une énergie, un déchet, une consommation d’eau … Néanmoins, ce travail doit être proportionné avec les objectifs. Il est ainsi possible d’omettre certains flux en se basant sur la bibliographie disponible.

Etape 3 : les flux de l’inventaire sont convertis en impacts, sur le panel des indicateurs environnementaux choisis dans l’étape 1 : réchauffement climatique, acidification, consommation d’énergie primaire totale, etc …

Exemples :
- Quantité d’un produit de construction installé (m²) x Fiche de Déclaration environnementale de l’utilisation d’1 m² de ce produit de construction
- Quantité d’électricité consommée (kWh) x Données environnementales de la mise à disposition d’1 kWh d’électricité
- Quantité d’eau consommée (L) x Données environnementales de la mise à disposition d’1 L d’eau potable.

logiciel Elodie

Etape 4 : les valeurs d’impacts environnementaux du bâtiment sont obtenues en sommant tous les impacts environnementaux des contributeurs.

Les données d’entrée
? Les quantitatifs : il s’agit des caractéristiques générales du bâtiment (S_RT, Shab, …), les métrés, les consommations du bâtiment pendant la vie en œuvre (eau, énergie, etc …)
? Les données environnementales : il s’agit des Fiches de Déclaration Environnementale et Sanitaire (FDES) pour les produits de construction, les Profil Environnemental Produit (PEP) pour les équipements.
? Lorsque les données environnementales spécifiques à un produit ne sont pas disponibles, il est possible de trouver des données de substitution (données « génériques » souvent peu représentatives du marché français) dans les bases de données génériques (type Ecoinvent, ELCD, …)

Exemples de logiciels spécialisés dans les ACV bâtiments : Elodie, Equer, Team Bâtiment, …

3.2 - Quelques indicateurs d’impact A titre indicatif, la liste ci-dessous présente les indicateurs d’impacts environnementaux communs aux normes NF P 01-010 et EN 15 978.
? Consommation totale d’énergie primaire (kWh / m² surface plancher)
? Consommation d’Energie non renouvelable (kWh / m² surface plancher)
? Changement climatique (kg équivalent CO2 / m² surface plancher)
? Consommation d’eau (L / m² surface plancher)
? Déchets dangereux (kg / m² surface plancher)
? Déchets non dangereux (kg / m² surface plancher)
? Déchets radioactifs (kg / m² surface plancher)
? Acidification atmosphérique (kg équivalent SO2 / m² surface plancher)
? Formation d’ozone photochimique (kg équivalent éthylène / m² surface plancher)
? …

3.3 - Quelques ordres de grandeur en résidentiel …
Les résultats présentés ci-après sont issus de l’expérimentation HQE performance 2012-2013, qui s’appuie sur l’étude ACV de plusieurs bâtiments résidentiels à partir du logiciel ELODIE du CSTB.

Les matériaux de construction (gros œuvre et second œuvre) représentent un enjeu majeur à l’échelle du bâtiment, sur l’ensemble du cycle de vie et sur plusieurs indicateurs d’impacts. L’expérimentation HQE Performance menée en 2012-2013 montre notamment qu’en résidentiel, les matériaux de construction représentent 20 à 25% de la consommation d’énergie primaire totale, 70% à 80% de la production de déchets (inertes et non dangereux) et 40 à 55% des émissions de gaz à effet de serre, soit un poids équivalent à la consommation d’énergie totale des usages réglementés en phase utilisation. Ces impacts sont pour la plupart imputables à la structure du bâtiment (gros œuvre).

Sans surprise, la consommation d’énergie liée à l’activité (TV, hi-fi, électroménagers, bureautique) représente également un enjeu fort à l’échelle du cycle de vie du bâtiment. L’expérimentation HQE performance montre qu’environ 30% de la consommation d’énergie primaire totale en résidentiel est imputable aux usages « spécifiques ».

A contrario, le poids des équipements énergétiques en phase fabrication, entretien/maintenance et fin de vie (hors consommation en phase usage) semble présenter des enjeux beaucoup plus faibles sur le cycle de vie, tous indicateurs confondus.

La consommation d’eau et les rejets de liquide pendant la phase utilisation semblent également présenter un enjeu moindre sur l’ensemble des indicateurs, à l’exception de l’indicateur consommation d’eau potable qui représente environ 75% de l’impact (le reste étant imputable à la consommation d’électricité et à la fabrication / fin de vie des matériaux de construction).

Ces résultats dépendent bien sûr des données environnementales utilisées et des méthodes de calcul associées. Ils donnent néanmoins quelques ordres de grandeur intéressants qui permettent d’identifier en première approche les gisements à investiguer en priorité.

3-4 - Les enjeux autour de l’ACV et de la haute performance environnementale
Des travaux sont actuellement en cours sur l’élaboration d’une étiquette environnementale des bâtiments. Cette étiquette a pour objectif d’afficher la performance environnementale d’un bâtiment selon différents indicateurs d’impact, afin d’orienter la filière (BET, maitres d’ouvrage, …) vers des composants de bâtiments les plus vertueux.

L’enjeu des prochains mois sera de définir le contenu de cette étiquette ainsi que les notions d’exemplarité énergétique et environnementale mentionnées dans la Loi relative à la Transition Energétique pour la Croissance Verte. Ci-après quelques-unes des questions clés qui se posent autour de l’intégration de l’ACV dans la réglementation des bâtiments.

étiquette environnementale des bâtiments

Source : CSTB

3.5 - La durée de vie des bâtiments : quelle valeur conventionnelle prendre ?
La durée de vie intervient dans le calcul de la performance environnementale d’un bâtiment sur son cycle de vie. C’est elle, notamment, qui détermine le nombre d’équipements à renouveler pendant la vie du bâtiment (nombre de fois où les fenêtres sont remplacées, nombre de fois où les systèmes de chauffage sont renouvelés, etc …).
La durée de vie est un paramètre discriminant puisqu’elle donne plus ou moins d’importance à certains contributeurs. Plus la durée de vie choisie est élevée, plus l’impact de la phase utilisation augmente (consommation d’eau, énergie) et plus l’impact des matériaux de construction diminue (gros œuvre dont fondations, etc … tous les éléments invariants du bâtiment sur son cycle de vie). Si certains évoquent une durée de vie de 100 ans pour le résidentiel, les calculs ACV réalisés jusqu’à aujourd’hui retiennent généralement 50 ans. En réalité, il n’existe pas de base de données fiable et claire répertoriant la durée de vie moyenne des bâtiments résidentiels. Les bâtiments haussmanniens semblent rarement déconstruits avant 100 ans (ils subissent néanmoins de fortes réhabilitations qu’il est nécessaire de prendre en compte dans une ACV). A contrario, les « barres d’immeubles » des années 60 semblent quant à elles de plus en plus souvent déconstruites ...
En l’absence de base de données fiable et partagée sur le sujet, il semble difficile de se prononcer sur la « bonne » durée de vie à prendre en compte. Celle-ci sera fixée conventionnellement pour le calcul réglementaire. A noter néanmoins, que plus la durée de vie est élevée, plus le risque d’incertitude sur le calcul au périmètre ACV s’accroît.

3.6 - Emissions de Gaz à Effet de Serre : quelle valeur prendre pour les différentes énergies ?
Les contenus équivalent CO2 à prendre en compte ne font aujourd’hui pas débat y compris au périmètre ACV, pour toutes les énergies à l’exception de l’électricité. En effet, pour cette dernière, il faut tenir compte des différents moyens de production appelés (cycles combinés gaz, centrales fioul ou charbon, centrales nucléaires, centrales hydroélectriques, etc …), des imports et exports d’électricité, des différents usages de l’électricité (chauffage, eau chaude, cuisson, et c …). La méthode de calcul des facteurs d’émissions à retenir sera un enjeu clé de ces discussions. La question est donc complexe, mais les résultats en fonction des hypothèses retenues étant très différents, il n’est pas possible de faire l’impasse sur cette problématique. Des travaux sont en cours pour définir les valeurs des contenus CO2 de l’électricité à prendre en compte dans les bâtiments neufs.

3.7 - Le déplacement des usagers : doit-on l’inclure dans le périmètre d’évaluation ?
Le déplacement des usagers (potentiel d’éco-mobilité) a un impact très fort sur plusieurs indicateurs environnementaux. L’expérimentation HQE performance 2012-2013 parle, en 1ère approche, de 30 à 40 kWh d’énergie primaire consommée par m² et par an et de 10 kg de gaz à effet de serre émis par m² et par an (soit un poids presque équivalent à celui du bâtiment complet). C’est un contributeur majeur pour évaluer la performance environnementale globale d’un bâtiment. La difficulté liée à l’inclusion de la mobilité dans le périmètre d’analyse est qu’elle pénalise les logements éloignés des centres urbains, qui ont des marges d’actions limitées pour améliorer ce contributeur. On ne peut néanmoins pas ignorer le poids de ce contributeur à l’échelle du bâtiment. Une solution possible serait de prévoir un affichage non contraignant de la mobilité des usagers, ce qui permettrait aux maîtres d’ouvrage de valoriser le potentiel d’éco-mobilité de leurs logements sans que cela devienne pour autant un critère discriminant, notamment pour les logements éloignés des centres urbains.

3.8 ? D’autres questions se posent, bien sûr, sur l’intégration de l’ACV dans la réglementation :
- Parmi la liste d’indicateurs environnementaux existants, lesquels privilégier et sur quels critères ?
- Quelles méthodes de calcul retenir pour caractériser les impacts environnementaux ?
- Quelle est la procédure pour garantir la fiabilité des données environnementales sur les matériaux et équipements ?
- Les BET fluides seront-t-ils en charge de réaliser le calcul ACV d’un bâtiment ? si oui, quelle formation est prévue ?
- Etc…

4 - Conclusion et perspectives

Les prochaines étapes réglementaires sur les bâtiments neufs traiteront de deux grands sujets majeurs : les bâtiments BEPOS, dont la généralisation est prévue dès 2020 et l’intégration d’une approche ACV dans la réglementation, dès 2018. Pour préparer ces étapes réglementaires, les pouvoirs publics ont lancé plusieurs travaux sur le sujet, qui doivent aboutir, à court terme, à une définition partagée du BEPOS et du bâtiment à haute performance environnementale. L’enjeu, pour les pouvoirs publics, sera de veiller à concilier les deux approches BEPOS et ACV. L’intégration de la démarche ACV dans la réglementation est une initiative récente et soulève un certain nombre de questions. C’est néanmoins une démarche vertueuse qu’il est nécessaire d’encourager, bien que les réflexions démarrent à peine sur le sujet.

Au-delà du BEPOS et de la haute performance environnementale, un élargissement de l’approche aux QEPOS (Quartiers à Energie Positive) et aux TEPOS (Territoires à Energie Positive) fait également l’objet de réflexions. Par cette approche, complémentaire au BEPOS, la problématique est portée à une nouvelle échelle, plus large que celle du bâtiment. Les réseaux énergétiques (gaz, électricité, chaleur) présents sur les territoires et les solutions techniques permettant d’exploiter ces énergies sont appelés à jouer un rôle déterminant pour répondre aux enjeux de la performance énergétique et environnementale globale.

01/10/2015

Le BIM sujet de l'année 2015 (source Xpair)

Le BIM ou Building Information Modeling ou modèle d’information du bâtiment, c’est probablement le sujet qui aura suscité le plus de buzz cette année ! Il n’y a pas une semaine où ne soit publié un article traitant du sujet. La plupart des acteurs de la construction et de la gestion de patrimoine commencent à s’approprier le concept, mais le BIM soulève beaucoup de questions pour la majorité des entreprises concernées.

Cycle de vie d’un projet

Cycle de vie d’un projet (Source Autodesk)

1

D’abord, qu’est-ce que le BIM ?

Tout d’abord, chassons les idées reçues :

  • Le BIM n’est pas un logiciel ;
  • Ce n’est pas de la 3D ;
  • Ce n’est pas un format ;
  • C’est uniquement applicable sur les grosses opérations ;
  • Ce n’est pas une « usine à gaz ».

En France, on parle de Bâtiment et Informations Modélisées, en réalité, derrière cet acronyme se cachent trois notions indissociables :

  • Building Information Model (la maquette numérique) ;
  • Building Information Modeling (les méthodes) ;
  • Building Information Management (le management).

Le BIM est une méthode de travail permettant de recentrer les compétences de chacun des intervenants au cœur du projet via une approche collaborative et concourante. L’objectif est de construire virtuellement le projet sous la forme de maquettes numériques (MN). Ces MN vont permettre, grâce à l’expertise de chacun des membres de l’équipe, de mener des analyses pour optimiser le projet et faciliter les choix dès les premières phases de conception. La taille du projet n’importe pas, l’objectif doit rester Bâtir Intelligemment et Mieux !

Réapprendre à travailler ensemble

Figure 1 - Réapprendre à travailler ensemble !

2

Les niveaux de maturité du BIM

Comme vous pouvez le voir sur la figure suivante, les niveaux de maturité du BIM correspondent à un degré de maîtrise du BIM par les différents acteurs.

Niveaux de maturité du BIM

Figure 2 - Niveaux de maturité du BIM (Source Bilal Succar)

En quelques mots :

  • Niveau 1 du BIM

On l’appelle aussi « lonely BIM ». C’est en quelque sorte un BIM isolé. Certains acteurs du projet (tous ou une partie) travaillent sur des maquettes numériques mais les échanges ne sont pas bidirectionnels. Ce niveau correspond, selon moi, à la phase d’apprentissage des outils. Modéliser en 3D est facile, modéliser dans le cadre du BIM en est une autre !

  • Niveau 2 du BIM

C’est avec ce niveau de maturité que commence le « vrai » BIM. Il y a toujours plusieurs maquettes numériques mais, comme le montrent les cubes sur la figure 2, le travail des uns est récupéré par les autres sans avoir besoin de le ressaisir. La notion de collaboration prend alors tout son sens. C’est d’ailleurs l’objectif à atteindre en 2016 en Angleterre dont le plan de déploiement du BIM a été initié en 2011.

  • Niveau 3 du BIM

Peu de projets dans le monde sont réalisés avec un tel niveau de maturité. Dans ce cas, tous les intervenants travaillent en même temps sur une maquette numérique unique. Cela implique un haut niveau de maîtrise du BIM et des outils pour l’ensemble des acteurs et soulève, aujourd’hui, un grand nombre de questions (logistique, responsabilité, propriété intellectuelle, etc.).

3

Raisonnons en coût global !

Selon le rapport du MIQCP (Mission Interministérielle pour la Qualité des Constructions Publiques), « 65% des économies réalisables sur le coût global ne sont possibles que si les bonnes décisions sont prises lors de la phase de conception ». Toujours selon ce rapport et même si ces chiffres datent un peu, la figure 3 illustre l’impact significatif de la gestion et de la maintenance d’un ouvrage sur son coût global. C’est donc aussi un changement de mentalité qui est amené par le BIM : investir en conception pour gagner en réalisation mais surtout en exploitation !

Camembert coût global

Figure 3

A l’heure où le développement durable prend une part de plus en plus importante dans les projets, où les délais de réalisation raccourcissent autant que la complexité des projets augmente, le BIM peut apporter une aide précieuse.

Courbes dites de Patrick MacLeamy

Figure 4 ? Courbes dites de Patrick MacLeamy (AIA/HOK)

De l’analyse de ces courbes résultent les faits suivants :

  • Courbe 1 : plus le projet avance, moins il est facile de le modifier.
  • Courbe 2 : en relation avec la courbe 1, plus le projet avance, plus le coût des modifications augmente.
  • Courbe 3 : dans un processus de travail classique, l’essentiel des efforts est fourni durant la phase d’exécution. Notez qu’avec la réduction ou la suppression des périodes de préparation, cette courbe a tendance à glisser vers la droite.
  • Courbe 4 : au contraire, le processus du BIM vise à transférer, via une approche collaborative dite intégrée, la majeure partie de ces efforts en amont (faire glisser cette courbe vers la gauche).

Ce passage des efforts en amont (pour l’instant très abstrait) est rendu possible par les MN enrichies avec des informations (bases de données) qui serviront ensuite de socle commun aux différents intervenants et à chaque étape du cycle de vie du projet.

4

Le « I » du BIM : l’importance de l’information

Le BIM n’existe pas sans base de données. C’est la richesse de l’information contenue dans les MN qui en assurera la plus-value. Il faut donc définir qui renseigne quoi et quand :

  • Pendant les phases de conception : la base de données s’enrichira de l’expertise des différentes disciplines, ce qui permettra de prendre les bonnes décisions et de maîtriser le budget du projet.
  • Pendant les phases de construction (après appel d’offre) : les acteurs des différents lots (fabricants, fournisseurs…) vont pouvoir renseigner la base (avis techniques, modèles, références…).
  • Pendant la phase d’exploitation : la personne en charge de la gestion du patrimoine pourra interroger la base de données pour anticiper et budgétiser les travaux nécessaires au bon fonctionnement de l’ouvrage. Elle devra également renseigner la base pour maintenir à jour la « biographie » du bâtiment jusqu’à sa démolition qui pourra également avoir été prévue (dépollution, quantités, etc.).

5

Workflow, méthodes & processus

Il n’existe pas de recette miracle pour créer un processus unique qui s’adapterait à tous les projets, au contraire, plusieurs flux de travail peuvent être mis en place par le BIM manager pour prendre en compte les besoins et les exigences du client, l’interopérabilité entre les logiciels, les différentes phases du projet et aussi le niveau de maîtrise du BIM des différents intervenants.

Exemple  de workflow

Figure 5 - Exemple de workflow

6

Interopérabilité : le format IFC

Avant toute chose et comme j’ai même pu le penser par le passé, il est illusoire de croire qu’un format propriétaire puisse répondre à tous les cas d’usages du BIM ! Il est absolument nécessaire de disposer d’un format d’échange standard et ouvert pour que tout le monde puisse travailler ensemble.
L’association buildingSMART (anciennement IAI : International Alliance for Interoperability) a travaillé à la création d’un tel format : l’IFC (Industry Foundation Classes). A ce jour, c’est ce dernier qui a été retenu pour favoriser l’interopérabilité entre les différents logiciels. Les éditeurs doivent faire certifier leurs solutions en import et en export. L’IFC n’est pas encore « mature » à 100%, toutes les données n’y sont pas encore intégrées. Cependant, ce format évolue et sera probablement complètement opérationnel à moyen terme.
BuildingSMART regroupe des entreprises du secteur de la construction ainsi que des éditeurs de logiciels. Son représentant en France est Medi@Construct.

7

Le BIM en France ?

Mars 2014 : Cécile Duflot annonce, dans une interview pour le moniteur, la volonté du gouvernement « de rendre la maquette numérique obligatoire à compter de 2017 pour les marchés publics d’Etat ». Cette annonce n’a jamais été validée officiellement ! Aucun « ultimatum » n’est, pour l’instant, à l’ordre du jour.
Juin 2014 : Nomination de Bertrand DELCAMBRE par la ministre Sylvia PINEL. Ce dernier est missionné pour établir un état des lieux du numérique dans le bâtiment. Un appel à contributions est donc lancé au niveau national.
Décembre 2014 : Le succès de l’appel à contributions démontre l’intérêt de la profession pour ce sujet. Bertrand DELCAMBRE remet son rapport à la ministre.
Janvier 2015 : Sylvia PINEL nomme Bertrand DELCAMBRE, président du Comité de Pilotage du Plan Transition Numérique dans le Bâtiment (PTNB).
Mars 2015 : Enorme succès du salon BIM World à Paris.
Juillet 2015 : Lancement du portail dédié au PTNB et diffusion de la feuille de route du plan. Les 4 principaux axes suivants y sont développés :

  • convaincre et donner envie à tous les acteurs et notamment aux maîtres d'ouvrage de s'engager sur la voie de la transition numérique du bâtiment ;
  • répondre aux besoins d'équipement et de montée en compétences numériques des acteurs, notamment les entreprises TPE/PME du bâtiment ;
  • développer des outils adaptés à la taille de tous les projets de construction ;
  • installer la confiance dans l'écosystème du numérique français.

Des appels à projet, appels à manifestation d’intérêt et appels d’offre sont également proposés.
Aujourd’hui, de nombreux groupes de travail ont été créés par des associations et syndicats. Même si de nombreux points restent sans réponses officielles, nous sommes définitivement entrés dans l’ère du BIM ! Ma principale crainte face à la multiplication de ces cellules travaillant de manière isolée est que, le jour du grand soir, la synthèse risque d’être compliquée… Nous connaissons tous les travers de notre beau pays ! A mon avis, il devient très urgent de choisir un acteur officiel qui serait chargé de la communication et de la diffusion des travaux.
Actuellement, les interrogations sur la loi MOP, l’absence de cadre sur les nouveaux rôles ou métiers, les responsabilités des différents acteurs, la propriété intellectuelle, etc. sont autant de freins au déploiement du BIM français. Toutes ces questions trouveront probablement, en tout cas je l’espère, leurs réponses dans les prochains mois.

8

Le BIM et l’exemple britannique

Le gouvernement Britannique a mis en place un ambitieux plan de déploiement du BIM en 2011 en annonçant, dès le départ, la volonté d’exporter à terme leurs compétences en Europe. L’année 2016 est l’échéance fixée par ce plan pour le BIM niveau 2.
Le gouvernement Britannique estime qu'il a économisé plus d’1,7 milliards de £ (2 milliards d'euros) sur les grands projets de construction publics depuis 2012 et que plus de 66 % du portefeuille du Ministère chargé des projets importants au Royaume-Uni est maintenant livré à temps et en respectant le budget, une amélioration substantielle par rapport aux 33 % constatés en 2010 (Source : Construction News).

9

Se préparer à la pratique du BIM ?

Prendre la décision d’aller vers le BIM est de l’ordre de la vision globale du développement d’une entreprise car cela implique réorganisation et investissements. Il ne s’agit pas uniquement de changer d’outil de travail, de technologie : il s’agit également de changer sa façon de travailler et de collaborer. La motivation, l’implication et le soutien du directeur sont des ingrédients essentiels dans une telle démarche. Il peut être utile de solliciter un BIM manager chargé de réaliser un audit interne afin de définir une feuille de route adaptée à la structure.
Selon certains retours d’expérience, une baisse de productivité peut atteindre 30 % sur une période de trois à six mois. À cela s’ajoute le coût de non-production des salariés durant leur formation. Un gain de productivité de l’ordre de 50% est habituellement constaté par la suite.
Gardez en tête que modéliser en 3D est quelque chose de simple, construire virtuellement un ouvrage dans le cadre du BIM est tout autre chose. Chaque élément doit être pensé par rapport à l’utilisation qu’en feront les autres membres de l’équipe : on ne travaille plus uniquement pour soi mais pour le projet !
Vu l’investissement, il est nécessaire de bien analyser chaque situation. Le choix est orienté vers les solutions qui répondent le plus à la pratique du métier.
Deux autres critères peuvent également être considérés :

  • la courbe d’apprentissage;
  • l’interface utilisateur.

Elles peuvent alourdir le passage vers le nouvel outil ou au contraire le rendre plus simple.
Recueillir l’avis de confrères, solliciter son revendeur pour une démonstration, assister aux présentations qu’organisent régulièrement les éditeurs peuvent aider dans ce choix.
Le BIM a un impact sur l’ensemble de la filière et même au-delà : il en aura un, par exemple, sur les assurances. Toute la filière tirera profit du BIM :

  • Diminution des erreurs ou omissions de conception.
  • Réduction des litiges.
  • Diminution des coûts de construction.
  • Réduction de la durée des projets.
  • Amélioration de la profitabilité des projets.
  • Amélioration de la productivité du business usuel.
  • Réduction de la non-qualité.
  • Création de la « carte vitale » du bâtiment.
  • Gains importants (temps et argent) pendant l’exploitation et la maintenance du bâtiment.
  • Capacité à toucher de nouveaux marchés.
  • Etc.

10

Le BIM manager, pourquoi ?

Un nouveau super héros

Figure 6 ? Un nouveau super héros ?

Nouveau rôle ou nouveau métier ? Deux choses sont cependant certaines aujourd’hui, c’est un personnage clé à l’ère 0 du BIM et il ne se substitue pas à l’expertise des différents acteurs du projet. Un groupe de travail « BIM manager » a d’ailleurs été créé au sein de Medi@construct sur cet aspect et propose de cadrer le rôle du BIM manager de la manière suivante (travail en cours) :
En phase de préparation du projet

  • Rédaction et mise en place de la convention BIM (CBIM) qui définit notamment :
    • Le processus de collaboration des acteurs du projet
    • Le niveau de développement attendu à chaque phase du projet
    • Les gabarits et standards BIM utilisés
  • Création, développement et mise en place des gabarits et standards BIM
  • Assistance au développement du contenu BIM (objets, bibliothèques, format d’échange…)
  • Animer les réunions de pilotage BIM des acteurs du projet

En phase de production de la maquette numérique

  • Gestion des maquettes numériques
  • Garant des processus d’interopérabilités
  • Support BIM pour les acteurs du projet
  • Assistance BIM pour la coordination du projet
  • Contrôle du respect de la CBIM par les acteurs du projet

La figure suivante illustre une des possibilités d’intégration de ce nouveau collaborateur. Il semble que l’on retrouve cette organisation dans différentes opérations en cours actuellement. Bien entendu, le BIM manager peut aussi se positionner au sein de la maîtrise d’ouvrage, de la maîtrise d’œuvre ou encore chez un des membres de l’équipe.

Position du BIM manager

Figure 7 ? Position du BIM manager

11

La convention BIM

Tout le monde s’accorde sur l’importance de ce document contractuel liant l’ensemble des acteurs du projet. Le groupe de travail cité précédemment a également bien avancé sur cette question. Ce travail est en cours, mais d’ores et déjà on ne peut que féliciter les différents membres du groupe pour la qualité de la proposition.
Il est primordial qu’une maîtrise d’ouvrage souhaitant lancer une opération en BIM se fasse accompagner dès la programmation par un BIM manager. Les besoins du client vont pouvoir être identifiés ainsi que les objectifs BIM qui en découlent. Le BIM manager va ensuite pouvoir déterminer les cas d’usage BIM à mettre en place pour répondre à ces besoins et objectifs. Ces cas d’usage seront ensuite valorisés par l’ensemble des acteurs du projet.

Exemple de procédure de validation de CBIM

Figure 8 ? Exemple de procédure de validation de CBIM

12

Conclusion

Le BIM est un sujet tellement vaste qu’un diaporama ou un article ne remplaceront jamais les discussions orales. Je me suis efforcé de décrire au mieux ma perception du sujet et de donner les grandes lignes qui, je l’espère, vous donneront envie de creuser davantage.
Voici quelques ouvrages, en français, qu’il peut être intéressant de lire dans ce but :

  • BIM & maquette numérique
    • Auteur(s) : Olivier Celnik, Eric Lebègue
  • Le BIM et la maquette numérique : Dans la maison individuelle et le logement collectif en zone urbaine et périurbaine
    • Auteur(s) : Fabrice d'Orso
  • Manuel BIM : Théorie et applications
    • Auteur(s) : Karen Kensek
  • Revit : initiation et perfectionnement par la structure
    • Auteur(s) : Jonathan Renou
  • Revit 2015 - Conception de bâtiment
    • Auteur(s) : Maxence DELANNOY
  • Sans oublier les livres sur ArchiCAD, AllPlan, et autres (en anglais pour les versions récentes).

NB : liste non exhaustive exposée sans classement quel qu’il soit.

Pour finir, de nombreux sites, blogs ou forums permettent également d’approfondir le sujet, je ne vous en citerais que deux : HexaBIM et Pratiques du BIM (groupe de discussions sur LinkedIn), vous trouverez les autres sources par vous-même.

Et voici quelques liens utiles …

09/09/2015

Centre de tri européen Chronopost à Chilly Mazarin (91) : une climatisation douce

<h1>Logo Chronopost International</h1><p></p>

Le Hub de Chilly Mazarin constitue le cœur du réseau de Chronopost. Il fait parti des centres de tri express les plus performants d’Europe avec une capacité maximale de 30 000 colis/heure.

Plus de 60% du trafic national y est traité. Son volume de croisière est actuelmement de 350 000 colis par jour.

vidéo de présentation du site

Concentré de technologie sur 13 000 m2 de surface, le hub rencontrait une problématique de chaleur dans l'ambiance :

- plus de 1 300 kW d'apports calorifiques internes,

- une hauteur favorisant la stratification d'air, avec pour conséquence des températures supérieures à 45°C dans certaines zones de travail.

La réponse d'ENERTEK :

Climatiser l'ensemble des 140 000 m3 de volume, tel que proposé par des confrères, est certe une réponse facile à mettre en oeuvre (1 300 kW de froid, 500 000 m3/h d'air soufflé,...) mais très onéreuse.

Nous avons réalisé une approche fine de la problématique :

- identification précise des zones nécessitant une maitrise de l'ambiance,

- détermination de la stratégie de diffusion d'air adaptée : climatisation par déplacement d'air.

Le principe :


L’air est introduit directement dans la zone à traiter, à une température légèrement inférieure à celle de l’ambiance et à basse vitesse (0,2 à 0,4 m/s).
Cet air frais se répand progressivement dans la zone d’occupation.
Au contact des sources chaudes (process, corps humain), l’air se réchauffe et s’élève en partie haute du local (stratification) d’où il est extrait puis rejeté (pas de recyclage).
Dans ce cas, il y a très peu de mélange entre l’air soufflé et l’air ambiant, ce qui induit une forte hétérogénéité de la température et de la qualité de l’air (confortable et sain dans la
zone d’occupation, chaud et pollué sous la toiture).

Le résultat :

- une installation dimensionnée au 1/4 des besoins identifiés, un budget d'investissement et d'exploitaztion divisé par 3.

- un confort optimisé par l'absence de courants d'air et de bruit, un air sain autour des zones de travail.

- une conception favorisant le "free-cooling" : gestion du froid gratuit lorsque la témpérature extérieure est inférieure à la température intérieure.

Vous souhaitez nous rencontrez pour nous confronter à ine problématique de ce type ?

Contactez nous

Diaporama

<h1>Diffuseur basse vitesse au sol</h1><p></p>
<h1>Diffuseur basse vitesse</h1><p></p>
<h1>Diffuseur basse vitesse 2</h1><p></p>
<h1>Principe diffusion au sol</h1><p></p>
<h1>Principe diffusion</h1><p></p>

01/09/2015

Le nouveau siège du Crédit Agricole Charente-Maritime Deux Sèvres

<h1>Image synthèse</h1><p></p>

ENERTEK est fier de participer au projet du nouveau siège social du Crédit Agricole Charente-Maritime Deux-Sèvres.

Un projet visant la certificationHaute Qualité Environnementale(HQE) et la labellisation Bâtiment à énergie positive(BEPOS).


Les missions confiées à ENERTEK pour ce projet :

  •  Ingénierie des fluides, phase exécution
  •  Synthèse technique tout corps d'état
  •  Mise en oeuvre de la maquette numérique - BIM

Diaporama

<h1>Vue 3D sous REVIT</h1><p></p>
<h1>Vue en plan et coupe</h1><p></p>

05/02/2015

Vers la généralisation du bâtiment à énergie positive BEPOS (source XPAIR)

<h1>original_102235-graph-bepos</h1><p></p>

Le bâtiment à énergie positive (BEPOS) est la prochaine et ultime évolution de la réglementation thermique du bâtiment, avec une consommation d’énergie non renouvelable optimisée et compensée par une production locale d’énergie renouvelable. Le BEPOS intègre consommation et production d’énergie sur un même lieu en faisant du lieu de consommation un lieu de production, pour tendre à rendre nul l’impact énergétique d’une nouvelle construction. C’est le prochain standard de construction pour 2020, qui devrait être préalablement exigé (2018) pour les nouveaux bâtiments publics. Sa définition est simple à retenir : la production annuelle d’énergie renouvelable est supérieure à la consommation annuelle d’énergie non renouvelable pour tous les usages.

Graph BEPOS

Le bâtiment neutre en énergie (nearly zero energy building) est inscrit dans la directive européenne de 20101 relative à la performance énergétique des bâtiments. Ainsi, les bâtiments neufs privés « nearly zero energy » doivent être généralisés en Europe à l'horizon 2020, avec une anticipation obligatoire pour les bâtiments publics dès 2018. Cette obligation a été partiellement transcrite dans le droit français avec la loi Grenelle 12 qui transforme le « nearly zero energy building » en bâtiment à énergie positive, soit l’exigence du BEPOS à la française pour 2020. Sans doute la prochaine loi de transition énergétique finira de transcrire la directive vis-à-vis des bâtiments publics neufs, qui devront être BEPOS après 2018.

Le BEPOS est-il une utopie technologique ?

Les premiers retours d’expérience de projets BEPOS montrent qu’il n’y a pas de rupture technologique majeure mais une avancée vers l’innovation technique et organisationnelle avec la prise en compte de la performance énergétique dès l’esquisse du projet. Réaliser un BEPOS est relativement « simple » si le maître d’ouvrage est motivé et les professionnels compétents.

Après le saut qualitatif que représentait le passage de la Réglementation Thermique 2005 à la RT 2012, l’accès au niveau BEPOS est relativement aisé (d’un point de vue technique et économique) avec la maîtrise des besoins grâce à une bonne conception ainsi qu’au recours à la chaleur renouvelable, et avec la production d’électricité solaire au niveau de l’enveloppe du bâtiment.

L’équation économique du BEPOS est-elle soluble dans le marché de l’immobilier ?

Toute chose égale par ailleurs en termes de coût de la performance intrinsèque du bâtiment au niveau Effinergie+ (RT 2012 -20%) estimé à environ 50 €/m² de construction / à la RT 2012 ; le surcoût pour passer au niveau «énergie positive» résulte essentiellement du générateur d’électricité renouvelable pour compenser la consommation résiduelle. Pour passer du niveau Effinergie+ au niveau BEPOS, il faut compter de 30 à 50 W de photovoltaïque par m² de surface de plancher, soit un surcoût estimé entre 50 et 100 €/m² de SHONRT en 2014, qui devrait descendre entre 30 et 50 €/m² de SHONRT en 2020 avec la baisse projetée des coûts du photovoltaïque.

Il est important de noter que ce surcoût du BEPOS réside dans un investissement productif (générateur électricité EnR) qui se refinance dans le temps (moins du 20 ans), par la vente d’électricité et dans certains cas par les économies de charges avec l’autoconsommation.

Ce surcoût du BEPOS, très nettement orienté à la baisse, doit par ailleurs s’appréhender au regard de la survaleur verte (goodwill) du bâtiment à énergie positive et de sa non dépréciation normative et réglementaire (meilleur niveau performantiel en vigueur) en terme d’actif immobilier.

L’anticipation volontaire du BEPOS par le marché immobilier sera à géométrie variable, selon les segments de marché, en fonction de la volonté des acteurs et des opportunités économiques. Les tendances observées montrent l’émergence du BEPOS sur le marché du bâtiment tertiaire privé.

Quelles solutions techniques privilégiées pour le BEPOS ?

Au niveau technique, il y a lieu de privilégier ce qui conduit à des économies d’investissement sur le bâtiment, tels :

  • Des facteurs solaires de vitrages adaptés à l’orientation et à l’usage (fort au nord et au sud, faible à l’est et l’ouest),
  • Une réflexion en amont sur la production d’eau chaude : centralisée avec fort rendement mais plus de pertes en ligne ou décentralisée (idem pour le chauffage). Alors que le poste de production d’eau chaude est très impactant sur la performance globale en résidentiel, le recours à la chaleur solaire permet de réduire significativement la consommation d’énergie primaire du poste ECS,
  • Le choix du type de ventilation. A double flux avec des pertes de charges limitées à 150 Pa, une étanchéité des gaines, un échangeur à haut rendement, moteur performant et silencieux. A comparer avec une ventilation simple flux qui peut s’avérer suffisante. Si la VMC double flux s’impose, il peut être judicieux qu’elle serve de mode transport au chauffage, ce qui permet de supprimer radiateurs et tuyauteries, mais oblige à bien penser la régulation

Nous préconisons de faire des choix de bon sens très peu coûteux, qui sont importants :

  • Prévoir une végétation caduque au Sud pour limiter ou éviter la climatisation, et dans certains cas, persistante au Nord pour réduire les vents froids
  • Vérifier que les annexes de chauffage et ventilation, répondent bien à la norme Eup/Erp, obligatoire depuis le 1er Janvier 2013
  • Prévoir un éclairage artificiel performant

Enfin, il y a les mesures d’un coût très modéré :

  • La création d’une porosité de 10 à 20% selon le climat sec (10%) ou bord de mer (20%) pour favoriser la ventilation traversante, condition parfois suffisante pour supprimer la climatisation (la porosité est le ratio entre la surface des ouvrants d’une façade et la surface totale de cette façade)
  • Rechercher une inertie « sans exagérer » : deux projets récents évalués en PACA ont conclu qu’une dalle de 5 cm de béton pouvait suffire à réguler un m² habitable
  • L’optimisation de l’isolation par rapport à la RT 2012 à respecter, sachant que l’augmentation d’isolation doit d’abord servir à éviter la climatisation et non à la favoriser
  • Le choix d'une étanchéité à l’air adaptée, conforme à la réglementation. Aller chercher une excellente étanchéité n’apportera pas forcément beaucoup de gain
  • Le choix des protections solaires adaptées à l’orientation et à l’usage

On retiendra que le parti architectural et les choix techniques ont une grande influence sur l’optimisation des besoins. Cette optimisation à coût marginal, peut significativement réduire le besoin d’investissement dans le générateur d’électricité renouvelable, et par conséquent baisser le coût de revient du BEPOS.

05/02/2015

Début des travaux de la résidence le Printemps à Poitiers


VIDEO.Poitiers. Début des travaux de la... par lanouvellerepublique

08/11/2013

Etude de faisabilité en approvisionnement énergétique étendue

Un décret du 30 octobre 2013 et son arrêté viennent étendre l’obligation d’étudier les diverses solutions d’approvisionnement en énergie des bâtiments neufs avant le dépôt de la demande de permis de construire. N’étaient concernés jusqu’à présent que les bâtiments de plus de 1 000 m².

Mise en conformité avec la directive européenne de 2010 sur la performance énergétique des bâtiments oblige, le gouvernement a pris le 30 octobre 2013 un décret et un arrêté qui abaissent à 50 m² (au lieu de 1 000 m²) le seuil à partir duquel une étude de faisabilité technique et économique des approvisionnements en énergie des bâtiments nouveaux doit être réalisée.

Applicable pour les demandes de permis de construire qui seront déposées à compter du 1er janvier 2014, ce dispositif vise à « favoriser l’installation d’équipements performants et d’énergies renouvelables » indique la notice explicative du décret. L’étude de faisabilité devra être réalisée préalablement au dépôt de la demande de permis de construire dès lors que la surface de plancher nouvelle sera égale ou supérieure à 50 m². Echappent toutefois à cette obligation les bâtiments auxquels la réglementation thermique impose le recours à une source d’énergie renouvelable (maisons individuelles) ainsi que les parties nouvelles de bâtiments.

L’étude de faisabilité pour les bâtiments neufs dont la surface de plancher est comprise entre 50 et 1 000 m² est allégée par rapport à celle imposée au-delà de cette surface. Le nombre de variantes à étudier est en effet limité. Le maître d’ouvrage est tenu de faire comparer le système pressenti dans son projet à au moins quatre variantes parmi cette liste (et non à toutes) :

- les systèmes solaires thermiques ;

- les systèmes solaires photovoltaïques ;

- les systèmes de chauffage au bois ou à biomasse ;

- les systèmes éoliens ;

- le raccordement à un réseau de chauffage ou de refroidissement collectif à plusieurs bâtiments ou urbain ;

- les pompes à chaleur géothermiques ;

- les autres types de pompes à chaleur ;

- les chaudières à condensation ;

- les systèmes de production combinée de chaleur et d'électricité.

13/09/2013

Affichage DPE

<h1>DPE</h1><p></p>

L'affichage du Diagnostic de Performance Energétique est, depuis 2008, obligatoire pour les établissements recevant du public de la 1ere à la 4ème catégorie, dont la surface est supérieure à 1000 m².

Le décret du 30 Juillet 2013 ramène ce seuil à 500 m², puis, à compter du 1er juillet 2015, à 250 m².

08/09/2013

CAO DAO REVIT MEP

<h1>Revit 2</h1><p></p>

Afin de particiciper à de grands projets de construction, ENERTEK a opéré une mutation technologique, par l'acquisition de licences REVIT MEP.

Revit est un puissant outil de BIM (Building Information Modeling) destiné aux architectes et ingénieurs, servant à modéliser des bâtiments en trois dimensions. Autrement dit, un seul fichier contient toutes les données. Ainsi, lorsqu'un élément change de place ou de fonction, il est mis à jour dans toutes les vues du modèle. Ainsi, lorsqu'un élément change de place ou de fonction, il est mis à jour dans toutes les vues du modèle.

Plusieurs disciplines se rencontrent dans cette même logique, comme la structure, les réseaux, les fluides, les aménagements second oeuvre, ...

Ainsi, Revit travaille en plan, en coupe, en façade, en perspective, en vue orthographique, en coupe 3D et en nomenclatures.

Ce virage stratégique va nous permettre de nous intégrer dans des équipes pluridisciplinaires de haut niveau, dans le cadre de grands projets de construction.

6 ingénieurs et techniciens projeteurs sont déjà formés et opérationnels ; ENERTEK recrute de nouveaux talents, dans le cadre de ce développement.

14/11/2011

La Réglementation Thermique 2012

La Réglementation Thermique 2012 s'applique depuis le 28 octobre 2011. Dans un premier temps, elle ne concerne que les demandes de permis de construire pour les bâtiments à usage de bureaux ou d’enseignement, et pour les habitations en zone ANRU. Le texte impose une consommation énergétique moyenne de 50 kWh/m²/an et son application entraînent de nouvelles méthodes de travail en conception et en réalisation.

 

La nouvelle réglementation thermique (RT 2012) s’applique depuis le 28 octobre 2011 à certaines catégories de bâtiments : bureaux, locaux d’enseignement et de la petite enfance, habitation en zone sélectionnée par l’ANRU (Agence Nationale de Rénovation Urbaine). Cette réglementation a pour objectif de limiter la consommation énergétique des bâtiments neufs. Car le secteur du bâtiment reste le premier consommateur d’énergie (43 %) : la consommation dans les logements et bureaux a même augmenté de 30 % ces 30 dernières années. D’où un enjeu crucial pour toute la société française, et pour le secteur de la construction en particulier.

Les objectifs chiffrés de performance énergétique sont calqués sur ceux du label BBC-Effinergie. Par rapport à la précédente RT 2005, la consommation d’énergie primaire doit donc être divisée par trois, passant de 150 kWh/m²/an à moins de 50 kWh/m²/an. En plus de ces exigences en matière de consommation énergétique et de confort, elle introduit la notion de construction "bioclimatique". Une conception qui vise à tirer le meilleur parti des conditions d’un site et de son environnement. Il est intéressant de noter que la charge liée au chauffage tend à diminuer dans les bâtiments les plus écologiques, propulsant de ce fait l’eau chaude sanitaire au premier poste des dépenses.

La RT 2012 génère donc des contraintes, tant pour la conception que pour la réalisation des projets immobiliers. L’orientation des bâtiments prend par exemple tout son sens avec l’approche bioclimatique : baies vitrées au sud pour profiter de la lumière et de la chaleur du soleil en hiver, protections en surplomb pour se protéger des apports solaires en été, garage orienté au nord où il joue le rôle de transition et de protection thermique, bonne isolation de la toiture, des murs extérieurs et des vitrages, etc. L’exigence d’étanchéité à l’air impose de profondes avancées dans la façon de travailler du secteur. D’où une implication nécessaire de tous les acteurs du bâtiment (maçons, menuisiers, électriciens, etc.) afin que tous les travaux soient faits dans le respect des normes établies, pour parvenir aux performances requises. Chaque corps de métier travaillera mieux en améliorant ses pratiques.

ENERTEK est à vos côtés pour vous apporter toute son expertise et son savoir-faire, afin de garantir votre réussite dans ce nouveau contexte.

Enertek, Bureau d'Etudes fluides du Bâtiment, audit, conseil et maîtrise d'oeuvre en énergie, maîtrise d'oeuvre bâtiment basse consommation, BBC, Effinergie, HQE, RT2012, audit énergétique, conseil énergétique, génie climatique, génie électrique, Poitiers Vienne (86), Rochefort (17), Poitou-Charentes, Tours (37), Orléans (41), Centre, Courbevoie (92), Ile de France, Pessac (33), Aquitaine

AccueilSantéIndustrieTertiaireHabitatEquipements scolairesL'entrepriseRéférencesThermal et aquatiqueNos agencesMentions legalesBureau d'études fluidesIngénierie d'exécutionAudit et ConseilBilan CarbonePartenairesContactL'avis des clients • ©Blue Com 2018